Prague, un soir de mai 2019, j’entame une deuxième bière en terrasse tout en regardant le soleil couchant se refléter dans la Vltava. Je savoure la douceur de l’air, la légère amertume de la bière, je me sens formidablement vivante. La cicatrice sous mon sein droit est encore sensible, je me réjouis d’avoir à nouveau vaincu le crabe, cette grenade dégoupillée insidieuse.

Quel sens donner à cette récidive ? Et maintenant, que vais-je faire ? Reprendre là où j’en étais avant le diagnostic ? Impossible. Tout arrêter ? Impossible aussi. Au fil de la discussion, l’idée, lumineuse, jaillit. Je vais mettre toute mon expérience au service de mes consoeurs de cancer.

Puisque je sais former et accompagner, puisque je connais par cœur le monde de l’entreprise ; puisque j’ai développé mes connaissances sur le handicap, le maintien dans l’emploi, le vivre ensemble au travail, la santé au travail ; puisque j’aime organiser, mobiliser, rassembler, impulser, alors la route s’éclaire d’un coup d’un seul. L’idée de développer du coaching solidaire dans une forme associative s’impose à moi.

L’été passe, je laisse mon esprit et mon corps au repos, pour recharger mes réserves d’énergie au soleil.

Septembre 2019 : 9 mois après l’annonce de la récidive, mon nouveau bébé vient au monde. En quelques semaines, les évènements s’accélèrent. Plus je parle de l’association, plus je mobilise mes compagnons de route professionnelle et bien plus que cela, plus je prends conscience de ce que signifie le mot SOLIDARITE lorsqu’on passe de l’idée à l’acte.

« L’idée de solidarité a une histoire » affirme la philosophe Marie-Claude Blais*.

L’article 1202 du Code civil de 1804 définit la solidarité comme « un engagement par lequel les personnes s’obligent les unes pour les autres et chacune pour tous ». Il fallait après la révolution de 1789 et l’émergence de l’individualisme, réinventer le lien social. La notion de solidarité revient en force en ce début de 21è siècle, sous de nouvelles formes. Solidarité politique, solidarité interindividuelle, solidarité intergénérationnelle, solidarité internationale… Sans rentrer ici dans ces débats, je retiens pour ma part la dimension d’altruisme et de sympathie (dans le sens étymologique de souffrir avec) à la base de la notion de solidarité, sans tomber dans l’émotionnel ni l’empathie bienveillante très à la mode aujourd’hui.

L’enjeu pour moi est de développer un outil qui construise un pont, un lien entre l’individu et le collectif. Un pont entre le nécessaire développement économique des entreprises et la tout aussi nécessaire garantie d’équité sociale assurée par la collectivité.

Ensemble, les uns pour les autres et chacun pour tous, avançons sur le chemin de la solidarité équilibrée.

En se réunissant pour marcher, ensemble, au service d’une cause qui touche 2 femmes sur 8 aujourd’hui dans notre société_autant dire que nous sommes toutes et tous concernés, directement ou dans notre entourage_ les salariés de Cofidis, de CGI Finance, de l’Expert Comptable et d’autres incarnent la notion de Solidarité.

Et moi, j’en cris de joie lorsque l’on m’annonce que cette marche solidaire permettra de remettre le pied à l’étrier à deux femmes, deux consoeurs de cancer.

C’est ça, l’effet Waou du passage de l’idée de Solidarité à l’acte… Essayez, vous verrez, c’est que du bonheur !

*Blais Marie-Claude, « La solidarité », Le Télémaque, 2008/1 (n° 33), p. 9-24.

 

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